Ce qui n’était qu’une idée au début... de:


Lisa Block de Behar (Montevideo)

Walter Bruno Berg (Freiburg)


La France et la formation de la culture latino-américaine:

thèmes, figures, événements


La présence de la France dans la formation de la culture latino-américaine est notoire, pour ne pas dire, proverbiale. Ainsi, pour des générations de latino-américains, le fameux voyage à Paris – après et avant l’Indépendance –, plus qu’un plaisir de tourisme, fut une obligation intellectuelle de premier ordre. Une fois l’Indépendance conquise par les jeunes nations issues des anciennes colonies espagnoles, la France s’empressa de prendre la relève des anciens seigneurs. Bien qu’au cours du dix-neuvième siècle, dans le champ politique proprement dit, la France fut bientôt obligée de céder le pas au concurrent anglo-saxon, l’influence culturelle de la Grande Nation ne s’en est pourtant point vue diminuée. Au contraire, elle contribua de manière décisive à la formation du modèle identaire de latinitéqui prit son essor dès la fin du dix-neuvième siècle. C’est au nom de cette latinité que José Enrique Rodó, dans Ariel, proclamera l’union symbolique du Sud contre la supériorité matérielle des États Unis de l’Amérique du Nord. Dans tous les domaines de la vie culturelle, l’influence de la culture française se fait sentir: que ce soit le positivisme qui se transformera dans l’idéologie dominante de la génération du fin de siècle, que ce soit le symbolisme qui compte parmi les sources majeures du modernisme ou bien le cubisme et le surréalisme dont la réception sera decisive pour fonder l’avant-garde latino-américaine. N’oublions pas d’autres domaines de l’activité culturelle telle que l’ethnologie où l’influence des chercheurs français fut également prépondérante.




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